Hommage à Patrice Chéreau : "Ceux qui m'aiment prendront le train"

Hommage à Patrice Chéreau


 à l'Odéon-Théâtre de l'Europe : 
dimanche 3 novembre 2013 à 20 h

"Tempo è galant'uomo"
Figaro, Le Mariage de Figaro, Beaumarchais (III, 5)

FIGARO :
"Tempo è galant'uomo, dit l'Italien ; il dit toujours la vérité : c'est lui qui m'apprendra qui me veut du mal, ou du bien."


 
"Les Inséparables" d'Esther Shalev-Gerz, fabriqué par Jaeger-LeCoultre


cf. Rubrique : le personnage de roman

Où est passé le temps ?
Collectif sous la direction de Jean Birnbaum,
Folio Essais (n°568), Gallimard




Marcel Proust, A la recherche du temps perdu
"Marcel Proust– A l'ombre de l'imaginaire" (Le Monde : une vie, une oeuvre -Hors série)

"le palimpseste de la mémoire"

"Les anneaux nécessaires d'un beau style"
"La vraie vie, c'est la littérature"
Marcel Proust, Le Temps retrouvé


Arthur Rimbaud, Illuminations
"Je est un autre"
"La vraie vie est absente"

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"J'avais d'abord besoin de gens qui ne seraient pas pressés"
Joël Pommerat, Théâtres en présence

"Il faut du temps avant que les vérités que l'on s'est faites deviennent notre chair même"
Paul Valéry

"Des conseils, seule en donne la solitude",
Réponse de Stéphane Mallarmé au jeune Paul Valéry

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"Le style, c'est l'homme même"


cf. Rilke – Lettre à un jeune poète


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Portraits en "cercles/fictions" : en palimpsestes et en présences


cf. Rubrique : le personnage de roman

"Jouer avec ce qu'on ne cadre pas"

"un signal à travers les flammes" ?
Antonin Artaud, cité par Peter Brook dans L'Espace vide
Patrice Chéreau


 
 Festival de Cannes 1983


"Un film tourné au plus près, à fleur de peau. C'est ce que je cherche"
"La différence entre le cinéma et le théâtre, c'est le gros plan"
"jouer avec ce qu'on ne cadre pas"

Les Transversales de Patrice Chéreau, Gérard Pernon
Entretien au cours d'un hommage rendu par Rennes 2 en 2008 (Ouest-France)
Patrice Chéreau était en cours de tournage de son film,  Persécution


 La Lutte de Jacob avec l'Ange, Eugène Delacroix (1861)
Chapelle Saint-Sulpice, Paris


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 Hommage d'Ariane Mnouchkine, 9 octobre 2013

Théâtre du soleil


Patrice, très ennuyé, me raconte ses difficultés à monter son projet de film sur Napoléon à Sainte Hélène.
— Mais pourquoi ?
— Al Pacino n’arrive pas à se décider, et puis les producteurs et lui trouvent que c’est très cher.
— Très cher ? — je m’étonne — mais à part Al Pacino lui-même, Napoléon à Sainte Hélène, quand même, ça ne doit pas être si cher que ça !
— Et bien… c’est à dire… il y a quand même un flashback de 45 minutes sur la retraite de Russie…
Je me souviens du fou rire qui nous prit. De son espièglerie, de sa malice de collégien. De sa constance dans la gaieté. De ses étonnements fertiles. De ses yeux qui écoutaient. De son pas. Court et si rapide. Comme s’il était toujours en train d’aller se mettre en place. Quelque part. Pour commencer ou poursuivre. Une répétition. Une idée. Un projet. Un rêve.
Je me souviens de sa franchise. De son honnêteté intellectuelle. Je me souviens d’Avignon en 2003. On ne nous aimait pas beaucoup cette année là. Il s’en étonnait. Il s’étonnait de la violence verbale. Il voulait débattre, comprendre.
Cette nuit on le pleure à Milan, à Aix-en-Provence, à Bayreuth, à Salzbourg, à Spoleto, à Bruxelles, à Paris. On le pleure partout où il a œuvré. On le pleure là où il allait venir un jour et où il ne viendra pas.
On le pleure dans des palais de marbre mais aussi dans de tout petits théâtres. Des lycéens le pleurent. Des professeurs le pleurent. De grandes actrices le pleurent, qui ont joué avec lui, ou pas. Des divas le pleurent, celles qui l’ont amusé ou exaspéré de leurs caprices, mais qui l’ont fait pleurer de joie aussi. Et puis des milliers, des centaines de milliers, des millions de spectateurs le pleurent.
Moi, je le pleure. Tous ces rendez-vous que nous avons repoussés, lui et moi. Surtout moi. Trop de travail. Trop de retard.
— Je viens te voir répéter, lui disais-je, à Aix, je m’offre ce cadeau. La semaine prochaine. Non, pas cette semaine, pardon, je ne peux pas, je suis en retard, mais celle d’après. Sans faute. Je me réjouis.
Il y eut faute. Je n’y allai pas. Trop de travail. Trop de retard. Oh ! Ne faites pas ça. Allez voir vos amis. Car ils meurent, vos amis, et toujours avant vous.
J’aurais tant aimé voir la retraite de Russie ressuscitée par Patrice Chéreau. 

Ariane Mnouchkine
9 octobre 2013


"Patrice était un être humain exceptionnel, avant d'être un homme de théâtre et de cinéma  unique et exemplaire. Désormais il nous reste Ariane Mnouchkine comme conscience."

Jane Birkin


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"Remember"

Stevan Zweig, Le Joueur d'échecs




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 Illustration de couverture proposée par Quentin (1ère - 2010)

L'incipit de Quentin (1ère - 2010)

Quand j'arrivai à la gare du Nord vers 8h du soir, un sentiment nauséeux s’empara de moi. J’avais une boule dans le ventre en revenant à Paris. J'espérais inconsciemment qu'il y aurait quelqu'un pour m'accueillir, j'avais toujours cet espoir illusoire. 
Et cette fois encore, avant de descendre les escalators pour attraper le métro, je me surpris à jeter un dernier regard circulaire au cas où il y aurait quelqu'un... C'était inutile… Mon père m'avait abandonné lorsque j'avais dix ans. Pourquoi ? Lui seul le savait! Et chaque fois que je pensais à lui: je recevais comme un gros coup de poing dans le ventre et j'avais l'impression de ne plus pouvoir respirer. Et dans les escalators ma valise pesait, à chaque fois, un peu plus lourd. Je m’engouffrai dans le métro 4, pour attraper la correspondance pour la ligne 2 à Barbès.
… /…

Le dialogue initiatique : la confrontation, Quentin (1ère - 2010)

Ce matin là, j’eus l'impression d'être tombé du lit, ou plutôt du fauteuil où je m’étais assoupi. J’ouvris les yeux péniblement, avant de regarder autour de moi. J’étais toujours dans ce hall d’hôpital où la police m’avait conduit la veille, sans grande explication. Une infirmière en blouse blanche, à l’air peu engageant se rapprocha de moi. « Si vous êtes réveillé, je vous y conduit », me dit-elle d’un ton si péremptoire que je ne songeai même pas à lui demander ni où, ni pourquoi. Je la suivis dans le dédale des couloirs de l’établissement ultra moderne. Un panneau indiquait les soins intensifs. Je croisai plusieurs personnes l’air triste ou abattu, tous, les traits tirés et l’œil sombre. L’infirmière frappa à la porte n° 487. Une voix masculine et assurée lui répondit d’entrer. Elle me fit pénétrer dans la pièce, referma la porte et me laissa seul avec le patient. Je m’approchai du lit où un homme d’âge mûr reposait assis contre de gros oreillers. Il était d’une terrible maigreur. Ses yeux mangeaient son visage émacié. Ses bras noueux pendaient le long de son corps, les veines affleurant sous la peau. Son regard perçant se posa immédiatement sur moi.
« - assieds-toi, je t’attendais, et je n’aime pas attendre… et encore moins aujourd’hui. »
Je pris place dans le fauteuil à côté du lit, ne pouvant le quitter des yeux. J’avais la gorge sèche et aucun son ne semblait vouloir sortir de ma bouche.
-- Je suis un homme malade... Voilà ce que je suis. Je ne me soigne pas, je ne me suis jamais soigné, même si je respecte la médecine. Mais j’ai horreur des médicaments et surtout des obligations et des engagements. Oui, c’est par goût de la liberté que je ne me soigne pas.

-- Vous …vous êtes malade ? articulai-je bêtement en bégayant légèrement.

-- Oui, et je vais mourir.

-- Mourir ? répétai-je, ahuri.

-- La science me donne quelques heures, et comme je te le disais j’ai confiance en la science.

-- Mais, mais… pourquoi suis-je ici, pourquoi la police m’a t-elle amené ici, que puis-je faire pour vous ?

-- Pour moi, rien. Je n’ai besoin de personne ! Jamais je n’ai eu besoin de personne, je suis libre, te dis-je. Et puis arrête de me vouvoyer bon sang. Tu ne sais pas qui je suis ? On m’avait dit que tu étais malin pourtant. Je vais finir par en douter, et cela me décevrait beaucoup.

-- Mais…

-- Et puis ne prends pas cet air stupide, et redresse-toi, on a de la fierté dans la famille. Car oui c’est bien de famille qu’il s’agit, car bien sûr je suis ton père.

A cet instant, il y a eu comme une déflagration dans mon crâne, comme si quelque part un court circuit avait eu lieu, je crois que j’ai crié ou me suis évanoui ou les deux je ne sais pas, l’infirmière était à mes côtés avec un verre d’eau.
-- « Ceux qui restent, on les plaint, on les console, mais ceux qui partent ? Cela m’a toujours semblé injuste. Le courage de ceux qui se regardent dans la glace un matin et décident de leur vie ... Le courage de regarder sa vie en face. Le courage de tout casser, de tout saccager par ... égoïsme ? ... Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa vie. De s'affronter, soi-même. Voici pourquoi je t’ai fait venir. Aie ce courage comme je l’ai eu.

-- Courage ? Mais sais-tu ce que nous avons endurés depuis ton départ. Maman était désespérée, seule, abandonnée. », m’exclamai-je, des sanglots dans la voix.

-- « Ta mère est une femme intelligente, elle a compris.

-- Non, elle n’a pas compris ! Tu ne lui a pas laissé d’explication, elle t’a cru mort… tu nous a laissés seuls… » Ma voix était montée dans les aigus et je hurlai maintenant.

-- La majorité des hommes devenus adultes ont tué les restes de leur enfance, ont trahi leur vœu de jeunesse. Baudelaire considérait le droit de contredire comme une noble nécessité de l'homme bien né. Valéry posait, lui, comme condition d'existence de l'Esprit la possibilité de contradiction. Nous partagions ce point de vue ta mère et moi, notre amour était supérieur, spirituel et ne pouvait s’accommoder de la médiocrité du quotidien.

-- Crois-moi, laisse les sots à leur sottise, et ne confonds pas tout. Maman t’aimait et avait besoin de toi, et … moi aussi…Je suis tombé amoureux comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre. Et parce que j’ai préféré faire souffrir ta mère une fois, plutôt qu'un peu toute sa vie, tu devrais m’en remercier, je lui ai redonné sa liberté. Nous n’étions plus maîtres de nos sentiments, trop fusionnels, trop impliqués émotionnellement, il fallait pratiquer une coupure nette, franche et définitive. On doit couper le bras d’un gangréné pour éviter sa mort. C’est radical, mais vital !

-- Vital ? Mais Maman en est morte ! Tu l’as tuée.

-- …

-- Tu nous as détruits ! Comprends-tu ?

-- Je ne savais pas.

-- Tu as gâché sa vie et la mienne aussi. Seul, j’ai été seul …

-- La solitude est un trésor.

-- Je n’en ai jamais voulu, je n’ai pas choisi.

-- On a toujours le choix. Ta mère a fait son choix, il me déçoit, mais je le respecte, et toi aussi tu dois le respecter. L’homme est libre… libre de ses choix.

-- Mais tu es monstrueux !

-- Le cœur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l’esprit. L’amour passionnel n’est pas compatible avec une relation comme le mariage qui n'est qu'une convention froide et prudente excluant d'emblée l'exaltation des sentiments. Plus j’y pense plus je pense que ta mère est admirable. Son geste est magnifique, digne d’une héroïne tragique.

-- C’est affreux, tu n’as provoqué que souffrance et tu en es satisfait. C’est injuste, cruel.

-- La justice, ça n'existe pas. Certains hommes se permettent de corriger leur femme. 
Alors qu'ils sont incapables d'écrire une lettre sans faute.

-- Tu parles, tu parles, de façon caustique, cynique, brillante certes, mais tu parles et tu ne vis pas.

-- Mais que vaut la vie si elle n’est pas idéale !

-- On s’accommode peut-être avec la perfection, on s'arrange, on a nos compromissions, nos petites lâchetés peut-être, mais on rit, on aime, on pleure… On ressent, on vit !

-- Mais tu te trahis ! Moi j’ai toujours vécu en concordance avec mes croyances, et au crépuscule de ma vie, je peux dire que je suis resté fidèle à moi-même.

-- Ce n'est pas l'âge qui fait ce que l’on est, mais l'expérience qui fait ce que l’on devient, c’est dans la confrontation à la vie, aux autres. On est ce que l’on naît, ajouté de ce que l’on reçoit et soustrait de ce que l’on donne !
…/…

-- « Tout va bien, » dit alors l’infirmière toujours de blanc vêtu. Et dont l’humeur s ‘était peu à peu adouci au fil de mes visites. « Vous pouvez partir. Vous pouvez partir, maintenant. »

-- Pourquoi dites-vous cela ? 
On a besoin d’une permission pour mourir ? J’ai vécu toute ma vie sans maître et sans devoir, ce n’est pas pour mourir en sollicitant.

-- Je ne veux pas qu'il meure. Je ne lui donne pas la permission, moi.

-- Je voulais dire que c’est bien, vous avez revu votre fils. Vous pouvez partir en paix avec vous même.

-- Paix ! » articulant avec difficulté maintenant, il rassembla toute l’énergie dont il était encore en possession. « Quelle offense à mon dogme, je ne dépends ni de mon fils, ni de personne pour être en accord avec moi–même, mais en paix, cela jamais, la vie ne peut s’entendre que comme un combat, et c’est la guerre que je me livre tous les jours. Et ce n’est pas aujourd’hui si prêt du but que je vais abdiquer ! »

-- Papa ! »
Le cri est sorti, nous avons été tous les deux surpris, venu de loin, de très très loin, du fin fond de mon enfance, d’une période insouciante, heureuse, en tout cas je le croyais. Prononcer ce mot me fit l’effet d’un électrochoc, une brusque plongée en arrière. Une bouffée de joie m’envahit, totalement incongrue en ce moment, où mon père luttait contre la mort.
-- Papa » répétai-je autant pour moi-même que pour lui. »Et je crus déceler une larme dans ses yeux à cet instant.

-- Lâche prise, arrête. Comprend que la vie est plus heureuse quand tu t’abandonnes, profite un peu, peu importe le temps qui te reste, quand on ne peut plus ajouter de jours ou même d’heures à la vie, il faut y ajouter de l’amour. Mais un amour véritable.

-- L’amour est toujours égocentrique et narcissique. On aime être aimé et non l’être lui-même. » il puisait ses dernières ressources dans son obstination intellectuelle.

-- Non, je parle d’un amour désintéressé et inconditionnel.

-- Il n’existe pas… , insista-t-il encore dans un souffle.

-- Et pourtant Papa je t’aime…

Son corps sembla comme se détendre tout d’un coup, les traits de son visage se lissèrent, il perdit toute sa crispation et ses rides disparurent. Il fut jeune à nouveau, comme dans mon souvenir d’enfant.

-- Je te pardonne, je n’approuve pas tes actes, mais je te pardonne. »

Je lui pris alors la main, et déjà je sentis que la vie commençait à le quitter, au moment où peut être elle aurait pu commencer.
Il n'avait été que source de souffrance. Mais je ne l'en adorais que plus à cause de cette éternelle stupidité qui nous pousse à nous accrocher à ceux qui nous font du mal. 
J’en hurle intérieurement de froid et de solitude. Je ne veux pas. Je veux le retenir. Je ne veux pas grandir…

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Le cadre spatio-temporel du roman : Le Lycéen et l'art dans sa ville, Paris



 Mane et specta..








Photos de Maxime (2de 3 - 2008) :  le Lycéen et l'art dans sa ville

cf. Rubrique : Le cadre spatio-temporel



"On ne pense que par images, si tu veux être philosophe écris des romans", Albert Camus


4ème diptyque : un document iconographique* et une description pour inscrire le roman dans son cadre spatio-temporel.
* photo, tableau, collage...


Envoyez votre diptyque à cette adresse : 
Blow up, film de Michelangelo Antonioni (1966)

 Révision des cours de Seconde et de Première sur le roman du XIXème siècle et les mouvements littéraires (cf. pastiches de descriptions romantiques et/ou réalistes, voire naturalistes, réalisés en classe de 2de) pour engager à partir de cette recherche d'une esthétique "générationnelle" à travers les mouvements, périodes et courants culturels, une réflexion sur la place du sujet dans l'histoire des représentations suivant la thématique d'ensemble : " l'autre, un sujet en question" (Littérature et altérité).

A la recherche d'une esthétique générationnelle et intergénérationnelle...

Recherche d'une esthétique générationnelle


Texte et image : composition d'un poème à partir d'un document iconographique (photo, tableau..)



http://tempoepoesie.blogspot.com

Abîme

Par-dessus les flots, j’irai au gré des marées,
Fouetté par les embruns, porté par les courants :
Inscrivant sur l’eau le tracé de mon passé.
Je m’en irai, dans le néant de l’océan.

Je ne pleurerai pas, ne pardonnai rien,
Mais je serais écume emportée au vent ;
Et je serai seul, bien seul, comme un orphelin,
Par le fond, attiré - comme par un amant.

Quentin, 1ère 2010

Abîmes



Par les flots bleus béant, j’irai par les courants,
Fouetté par les embruns, briser l’onde glacée ,
Songeur, j'aspirerai l’azur de l’océan.
J’inscrirai sur l’eau le tracé de mon passé.

Je ne pleurerai pas, ne pardonnai rien,
Mais je serais écume emportée au vent ;
Et je serai seul, bien seul, comme un orphelin,
Par le fond, envouté - comme par un amant.

Quentin, 1ère 2010





Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.

Arthur RIMBAUD


  o o

 

Le Lycéen internaute, la création artistique et l'amour 
(à travers ses rencontres.. dans sa ville, dans son école, dans ses voyages..)

"L'amour, ça ne suffit pas"...
Joël Pommerat, La Réunification des deux Corées


Affiche de Thanks to my eyes
Opéra de Joël Pommerat d'après Grâce à mes yeux 

"Pas de deux" générationnels et intergénérationnels en palimpsestes 
avec la mise en scène en abyme d'une aventure d'écriture paradoxale 
en "cercles/fictions" et  "en présences"


A la recherche du temps perdu.. d'une esthétique générationnelle et intergénérationnelle à la fois : 
une enquête anthropologique sur la place du sujet dans l'histoire de la communication et des représentation
 "C'est l'époque qui lit à travers moi", Roger Planchon, metteur en scène


"Amant alterna Camenae", Virgile
(Les Muses aiment les chants alternés)
  o

 Un roman collectif polyphonique
générationnel et intergénérationnel 
en palimpseste pour une aventure d'écriture

en "cercles/fictions" 
et 
 "en présences"


Comment participer à cette aventure d'écriture polyphonique générationnelle ?
 
Envoyez vos diptyques, vos chapitres et/ou vos articles à cette adresse : 

 tempoe@hotmail.fr


4ème diptyque : un document iconographique* et une description pour inscrire le roman dans son cadre spatio-temporel.
* photo, tableau, collage...

3ème diptyque : l'écriture d'un dialogue initiatique (un chapitre).

2ème diptyque : l'écriture d'un début de roman et la proposition d'un premier story-board à partir de titres de chapitres (20/30). 

1er diptyque : la présentation d'un début de roman de son choix et d'une argumentation sur les qualités de cette première page de roman choisie.

Votre avis sur les pages du roman ou les propositions de chapitres et/ou de story-board* pourront également être mis en ligne dans ce making of du roman.

* story-board : proposition de titres de chapitres (entre 20 et 30) avec si possible un résumé de chaque étape de la narration.


Les chapitres du roman et les propositions de titres de chapitres seront mis en ligne dans le making of du roman à la suite des réunions de Comités de lecture éditoriaux en classes de Secondes, de Premières et de Terminales.

C'est ainsi, à la suite de ces lectures et propositions de ré-écritures successives que le roman, palimpseste en "cercles/fictions", devrait  trouver sa forme, son esthétique générationnelle..

"Tout est dans la forme" , Balzac, Illusions perdues

 Un roman collectif polyphonique:
au Lycée : http://tempoeroman2013.blogspot.com 
Après le Lycée (à suivre) :  http://tempoeucharis.blogspot.com


"L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible", Paul Klee
 
"Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant."
Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871


Les scènes imaginaires "en Cercles/Fictions" de Joël Pommerat et de La Compagnie Louis Brouillard


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"Sans clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870


Détail d'un tableau de Samuel van Hoogstraten, Les pantoufles
(entre 1654 et 1662) - Musée du Louvre


"J'ai seul la clef de cette parade sauvage."
 Rimbaud, "Parade", Illuminations


"Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur." Rainer-Maria Rilke, Lettre à un jeune poète (1903)

"En Grèce, ai-je dit, vers et lyres rythment l'Action."
Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871  (Poésies/Gallimard, p. 88)




"En attendant, demandons aux poètes du nouveau".. 

"Car Je est un autre"
http://tempoepoesie.blogspot.com


"Amant alterna Camenae", Virgile, L'Enéide
(Les Muses aiment les chants alternés)
 



 "Les Inséparables" d'Esther Shalev-Gerz, fabriqué par Jaeger-LeCoultre


http://tempoemythe.blogspot.com







 L'écriture d'un roman pour rendre son temps au temps 

Où est passé le temps ? *
Le temps de lire, le temps d'écrire,
.. le temps d'aimer ..

* Titre d'un collectif sous la direction de Jean Birnbaum (folioessais)

"Le style, c'est l'homme", Buffon

"car le style pour l'écrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun. Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et, autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.
Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière, sous de l'expérience, sous des mots quelque chose de différent, c'est exactement le travail inverse de celui que, à chaque minute, quand nous vivons détourné de nous-même, l'amour-propre, la passion, l'intelligence, et l'habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie. En somme, cet art si compliqué est justement le seul art vivant. Seul il exprime pour les autres et nous fait voir à nous-même notre propre vie, cette vie qui ne peut pas s'"observer", dont les apparences qu'on observe ont besoin d'être traduites et souvent lues à rebours et péniblement déchiffrées. Ce travail qu'avaient fait notre amour-propre, notre passion, notre esprit d'imitation, notre intelligence abstraite, nos habitudes, c'est ce travail que l'art défera, c'est la marche en sens contraire, le retour aux profondeurs où ce qui a existé réellement gît inconnu de nous, qu'il nous fera suivre. Et sans doute c'était une grande tentation que de recréer la vraie vie, de rajeunir les impressions. Mais il y fallait du courage de tout genre, et même sentimental. Car c'était avant tout abroger ses plus chères illusions, cesser de croire à l'objectivité de ce que l'on a élaboré soi-même".

Marcel Proust, Le Temps retrouvé (La Pleiade, p. 896)



"Tempo è galant'uomo"

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (III, 5)


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Le cadre spatio-temporel :  
 "le lieu et la formule", Arthur Rimbaud


Mane et specta..

L'art et le Lycéen dans sa ville, Paris..

"On ne pense que par images, si tu veux être philosophe écris des romans", Albert Camus


4ème diptyque : un document iconographique* et une description pour inscrire le roman dans son cadre spatio-temporel.
* photo, tableau, collage...


Envoyez votre diptyque à cette adresse : 
Blow up, film de Michelangelo Antonioni (1966)

 Révision des cours de Seconde et de Première sur le roman du XIXème siècle et les mouvements littéraires (cf. pastiches de descriptions romantiques et/ou réalistes, voire naturalistes, réalisés en classe de 2de) pour engager à partir de cette recherche d'une esthétique "générationnelle" à travers les mouvements, périodes et courants culturels étudiés en classe, une réflexion sur la place du sujet dans l'histoire des représentations suivant la thématique d'ensemble : " l'autre, un sujet en question" (Littérature et altérité).


"Eucharis me dit que c'était le printemps", Arthur Rimbaud, Illuminations

Tapisserie d'Aubusson, XVIIIème siècle 

"Locus amoenus" des Aventures de Télémaque aux Illuminations..?


"C'est l'époque qui lit à travers moi", Roger Planchon 


"Tempo è galant'uomo"

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (III, 5)

 

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Recherche d'une esthétique générationnelle et intergénérationnelle : 
une enquête anthropologique sur la place du sujet dans l'histoire de la communication et des représentation


 Faut-il ou pas remettre en cause les notions d'intrigue et de personnages ?
cf. Rubrique : Les incipits / L'incipit proposé par Victoria : proposition de ré-écriture  du point de vue de la ligne éditoriale.

La question du personnage ou le personnage de roman en question : 

Réalité ou Fiction ? Héros ou personnage ? 

Des héros de la mythologie aux héros contemporains : http://tempoemythe.blogspot.com


Le débat est ouvert, par l'expérience polyphonique d'une écriture paradoxale...

cf. Rubriques :  
"Continu/Discontinu : héros ou personnage ?"
"Continu/Discontinu : la question de l'intrigue"


"Sans clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870





"La vérité d'un homme, c'est d'abord ce qu'il cache", André Malraux

ce qu'il se cache ?

Raphaël Enthoven : L'endroit du décor
Clément Rosset, Le Réel et son double
Otto Rank, Dom Juan et son double
Jean Starobinski, La Transparence et l'obstacle


"Tout est dans la forme"
Balzac, Illusions perdues



"Pas de deux" générationnels et intergénérationnels 
en palimpsestes : http://tempoemythe.blogspot.com


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CONTINU/DISCONTINU en "Cercles/Fictions"

Un atelier d'écriture romanesque contemporain

 L'écriture d'une aventure d'écriture d'une aventure d'écriture 
"générationnelle" et "intergénérationnelle"...


Une scène imaginaire d'écriture internautique en action et "en présences" : 

Ce pari de l'écriture "générationnelle" d'un roman collectif lycéen entre deux siècles, un projet qui me tient à coeur depuis plusieurs années -- engagé au XXème siècle dans le cadre de Comenius qui associait plusieurs villes européennes sur internet ((http://recrearte.org) : Bruxelles, Barcelone, Madrid, Prague et Rennes , poursuivi à Paris au XXIème siècle avec mes élèves de 2des, de Premières et de Terminales (tempoedes.espoirsgenerationnels puis tempoeroman2012.blogspot.com)  -- , parce que "les événements ont dépassé la vitesse du sens" selon le sociologue Jean Baudrillard et pour que nous ne devenions pas "muets à force de communiquer" suivant l'avertissement de Valère Novarina.

Faciliter l'entrée des Lycéens dans l'espace fictionnel des lectures imposées (et/ou choisies) dans le cadre de leur préparation aux EAF ainsi que de leurs loisirs, mais les aider aussi à se libérer des "cercles/fictions" de ces représentations fictionnelles afin d'accéder à "une parole plus profonde que la tolérance" suivant le voeu d'Hannah Arendt par la magie initiatique de la mise en scène d'une aventure d'écriture polyphonique de leur propre histoire de sorte qu'ils deviendraient "poète(s) de leur propre vie" pour  "prendre place là ici à (la) place (du Présentateur de Cercles/Fictions) au centre/ de ce cercle/Au centre du cercle..." comme Goethe ou Joël Pommerat, de même que Valdimir Nabokov invitent à le faire :
  
"J'ai essayé de faire de vous de bons lecteurs, qui lisent non dans le but infantile de s'identifier aux personnages du livre, ni dans le but adolescent d'apprendre à vivre, ni dans le but académique de s'adonner aux généralisations. J'ai essayé de vous apprendre à lire les livres pour leur forme, pour leurs visions, pour leur art. J'ai essayé de vous apprendre à éprouver un petit frisson de satisfaction artistique, à partager non point une émotion des personnages du livre, mais les émotions de son auteur. Les joies et les difficultés de la création. Nous n'avons pas glosé autour des livres, à propos des livres, nous sommes allés au centre de tel ou tel chef-d'œuvre, au cœur même du sujet."
             (Nabokov à ses étudiants)

Les rencontres des lycéens de 2des, Premières et Terminales avec des "passeurs" de leur temps, artistes chercheurs tels Joël Pommerat, Jean-François Sivadier et Valère Novarina dans le cadre d'un Partenariat avec l'Odéon-Théâtre de l'Europe, Clément-Hervieu-Léger et Sulayman Al-Bassam dans le cadre d'un Partenariat avec La Comédie Française, Frédéric Beigbeder et Maryse Wolinski, Fabrice Roger-Lacan et Isabelle Nanty, ainsi que leur participation au Bureau des lecteurs de La Comédie française, leur ont permis d'engager un dialogue "intergénérationnel" et de multiplier les perspectives afin de contribuer à devenir des "multiplicateurs de progrès" pour trouver "le lieu et la formule" d'une esthétique générationnelle romanesque.


"J'ai vraiment le sentiment que c'est l'époque qui lit à travers moi. "

Roger Planchon, metteur en scène

Cette aventure d'écriture entre en correspondance avec celle engagée au Collège à partir de la transposition de suites de textes extraits de romans d'aventure, de pastiches de descriptions du cadre spatio-temporel et de portraits de personnages, de l'étude des synopsis de romans et de pièces de théâtre, de l'initiation à l'écriture poétique* inspirée par la mise en correspondance de tableaux et de poèmes avant la mise en place d'un premier synopsis collectif composé des propositions de chacun, axées sur les rencontres avec des artistes et des chercheurs de leur temps afin de contribuer à cette recherche d'une esthétique générationnelle et intergénérationnelle :

http://tempoeclipse.blogspot.com 

Il était une fois des Collégiens qui avaient envie de raconter leur propre histoire...

* au sens étymologique de création d'un univers. 
 
Le chapitre de la rencontre initiatique est la clef de voûte de ces deux aventures d'écriture romanesque.

Afin d'allier "esprit de géométrie" et "de finesse" en résonance avec la musique individuelle de chacun dans cette aventure d'écriture polyphonique, les propositions de synopsis, précédées de recherches de schéma actantiels en lien avec les oeuvres romanesques et dramatiques étudiées, sont accompagnées d'une proposition de rédaction du premier chapitre du roman et présentées donc sous forme de diptyques.


Laure-Diane Loquet
Professeur de Lettres et de Théâtre

Rubriques : Les questions de l'intrigue/des personnages ou les personnages/l'intrigue en question
Une enquête anthropologique sur la place du sujet dans l'histoire de la communication et des représentation

"Sans clefs, la grande armoire " ?
Rimbaud, "Les étrennes des orphelins", Poésies, 1870



"Tout est dans la forme"
Balzac, Illusions perdues


"Je leur demande d'être les enfants de leurs parents, c'est tout.
C'est beaucoup, mais ça me paraît naturel de demander ça dans ce contexte de l'art. Je demande à des personnes de me donner à voir, à entendre, à ressentir ce qu'elles sont pour en faire de la matière poétique."

Joël Pommerat, Théâtres en présence, p. 11

Entretien de Roger Planchon avec Jean-François Halté et CharlesTordjman, Pratiques, n°15/16, juillet, 1977 : 

"C.Tordjman : Tu refuses la conception du créateur original et omniscient.
R.Planchon : Oui, oui, absolument. Je crois trop à l'histoire. Evidemment, à l'origine, la démarche est intuitive. Je lis le texte, j'ai une intuition. Mais à la fin, c'est préparé par toutes mes lectures, par tout le climat ambiant. J'ai vraiment le sentiment que c'est l'époque qui lit à travers moi."


"Vous ne comprenez donc pas que les gens de mon espèce, ceux qui créent, sont rigoureusement incapables d'ôter la vie ?"
Agatha Christie, Le Vallon
 


"Tempo è galant'uomo"

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro (III, 5)


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